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Élections

17.03.2008

J’étais un trop bon conseiller fédéral

Interview dans «Migros Magazine» du 17 mars 2008

01.03.2008

Christoph Blocher: «Vacancier? Ça ne me convient pas

Interview dans «Le Matin» du 1 mars 2008 Christoph Blocher sera élu aujourd'hui vice-président de l'UDC. Son premier combat sera avec l'Allemagne. Pour la première fois depuis des mois, Christoph Blocher s'exprime. Voici sa première interview d'opposant. Qu'est-ce que vous êtes allé faire au Chili? Panser vos plaies après votre éviction du Conseil fédéral Christoph Blocher: Absolument pas. Pour la première fois, j'ai voulu avoir quatre semaines de vraies vacances. Je suis allé à 5700 mètres sans masque à oxygène. J'ai aussi découvert le désert au nord du Chili, je n'en avais jamais vu. Et cette chute à la piscine, pourquoi en parlez-vous partout? Blocher: J'ai peur de passer pour un invalide lors de mes discours. La vie de vacancier ne me convient pas, je ne suis jamais tombé en travaillant. Ça s'est passé le dernier jour à l'île de Pâques. J'ai glissé dans les escaliers de la piscine. J'ai une côte cassée. En tout cas, votre absence a semé la confusion dans le parti. Blocher: Pas du tout. L'UDC va très bien. Nous sommes seulement dans une période délicate avec un changement de direction. Le parti doit s'affirmer dans l'opposition. Et puis nous n'avons plus de conseillers fédéraux. Si, vous en avez deux Blocher: Pas un seul. Bon, vous n'aimez pas Samuel Schmid, mais Eveline Widmer- Schlumpf prend les mêmes décisions que vous. Blocher: On verra. Pour l'instant, elle ne fait que poursuivre mes projets. Mais je la connais depuis longtemps... Elle n'a pas les mêmes positions que l'UDC. Vous allez vers un schisme au sein du parti. Blocher: Non, le groupe parlementaire a voté à 60 voix contre 2 leur exclusion. Je n'aurais jamais pensé qu'on serait si uni. Je m'attendais à ce que l'on me dise que Mme Widmer n'était pas un si mauvais choix. Ce n'est pas votre avis? Blocher: A l'époque, elle était proeuropéenne. Un parti ne peut pas gagner des élections en disant que nous nous battons pour la souveraineté du pays et avoir des conseillers fédéraux qui disent le contraire. C'est aussi valable pour les impôts. Elle soutient la hausse de la TVA, alors que l'UDC a promis de lutter contre toute augmentation d'impôts. Il n'empêche que Pascal Couchepin, au nom du Conseil fédéral, soutient Mme Widmer et M. Schmid. Blocher: Pascal Couchepin est très heureux de ceux qui ont été élus. J'ai souvent contredit ses propositions. Je suis sûr que les conseillers fédéraux ne débattent plus à leur séance, comme nous le faisions à mon époque. C'est redevenu comme avant. Désormais, ils sont tous d'accord. En tout cas, votre rentrée politique est ratée. On lit dans la NZZ que vous êtes devenu tout gentil, on vous traite d'oncle Blocher qui raconte les histoires du passé. Blocher: Je vais continuer à délivrer des messages très clairs. C'est juste une attaque de la NZZ. Une fois, je suis trop agressif et, une autre, trop gentil... A Saint-Gall, vous n'avez pas fait d'étincelles. Pourtant vos trois meetings, c'était bien pour empêcher Lucrezia Meier-Schatz d'être élue. Blocher: Ce n'est pas mon genre de m'en prendre à quelqu'un et de participer à des intrigues: j'ai toujours défendu des idées qui servent mon pays et son peuple. Vous vous êtes même drôlement assagi. Blocher: J'ai attrapé la mentalité d'un conseiller fédéral: ne pas dire toute la vérité. Mais vous verrez bien si je suis un gentil tonton. Que pensez-vous des écartsde langage de Pascal Couchepin? Blocher: C'est incroyable, personne ne dit rien ni pour le Duce ni pour "Mörgele". Si moi j'avais fait cette comparaison, le Conseil fédéral aurait regretté publiquement ces propos. La Berne fédérale est un bassin rempli de requins. Et vous, vous n'en êtes pas un? Blocher: Non, je suis une victime. Un petit poisson rouge? Blocher: Non, je ne suis pas un animal inutile. Un homard alors? Blocher: Un peu plus déjà. Alors quel animal? Blocher: Je dirais plutôt un lion. Bon, et que dit ce lion de l'attaque de Pascal Couchepin contre Marcel Ospel? Blocher: Les expériences de Pascal Couchepin dans l'économie ne sont pas brillantes. A sa place, je m'abstiendrais d'attaquer les patrons. Surtout qu'il reproche, en plus, à Marcel Ospel de critiquer les politiciens. Le Conseil fédéral se fait du souci pour la détérioration du climat politique. Avec les dérapages de Pascal Couchepin, je partage effectivement cette crainte. Marcel Ospel doit-il démissionner? Blocher: Ce n'est pas à moi de le décider. A mon avis, il doit rester et résoudre le problème, c'est sa punition, même s'il a voulu démissionner en 2007 déjà. D'ailleurs, il a fait gagner 66 milliards à UBS en dix ans et la banque a payé 23 milliards d'impôts en Suisse pendant cette période. A présent, il en a perdu quatre. Et puis il est quand même en train de sauver la banque. En trois jours, il a trouvé un actionnaire prêt à apporter 13 milliards, dont quatre à cinq sont perdus d'avance. Encore un coup de maître. ... en livrant la plus grande banque suisse à Singapour. Blocher: Ce n'est pas l'Etat qui a investi cet argent mais un fonds étatique. C'est comme si la caisse de pension des fonctionnaires de la Confédération achetait des actions. On sent que reprendre un travail dans l'économie, ça vous titille. Blocher: J'ai refusé quelques postes. Pour l'instant, mon activité principale sera clairement la politique. Plus tard, on verra! Vous avez envie de redevenir conseiller fédéral? Blocher: Peu importe si j'ai envie ou pas. En tout cas, moi ou un autre UDC doit se mettre à disposition lorsqu'un poste se libérera au Conseil fédéral, ça, c'est évident. Samedi, vous allez être élu vice-président du parti: alors c'est quoi, le prochain coup de l'UDC? Blocher: La priorité, c'est l'affaire du différend fiscal. Nos politiciens n'ont pas encore compris: les Etats de l'Union européenne veulent nous obliger à changer nos lois. Nos grands voisins ont une attitude coloniale. Ils veulent tout harmoniser pour nous empêcher d'être les meilleurs. L'Allemagne parle d'oasis fiscale. Je rentre du désert et je peux vous dire qu'il n'y a rien de plus beau qu'une oasis. Demain (n.d.l.r.: aujourd'hui) je vais dire à l'Allemagne: "Devenez vous aussi une oasis!"

18.12.2003

«Er kann und wird das ins Amt einbringen»

Für Silvia Blocher ist die Wahl ihres Mannes in den Bundesrat eine Folge von politischer Konsequenz und Verantwortungsbewusstsein Artikel in der "Zürichsee Zeitung" vom 18. Dezember 2003

14.12.2003

«Ich werde EMS abgeben»

Blocher über den Schritt vom Unternehmer zum Bundesrat Interview mit der "SonntagsZeitung" vom 14. Dezember 2003 von Patrik Müller SonntagsZeitung: Herr Bundesrat, warum trauen Sie Ihrer erst 34-jährigen Tochter Magdalena Martullo-Blocher zu, dass sie die Ems-Chemie gut führt? Christoph Blocher: Ich konnte sie nun drei Jahre lang in leitender Funktion bei Ems beobachten. Seit 1. Januar ist sie für die strategische Planung alleinverantwortlich. Die Aufgaben erfüllte sie sehr gut. Sie verfügt über Initiative, Kreativität und Durchsetzungskraft. Auch ich war jung, als ich damals die Leitung übernahm, deshalb umgab ich mich mit älteren, erfahrenen Persönlichkeiten. So geschieht es auch jetzt, wo Dieter Klug das Verwaltungsratspräsidium übernimmt. Ihre Tochter ist schwanger. Was sagen Sie dazu, dass sie als Mutter diesen belastenden Job ausübt? Blocher: Ich freue mich auf ein weiteres Enkelkind. Meine Tochter muss sich entsprechend organisieren, und das hat sie bereits getan - sie hat ja schon eine Tochter. Dass sie nach der Geburt für einige Wochen aussetzen muss, ist kein Problem. Ich war mehr als tausend Tage im Militär und fehlte im Unternehmen. Das muss möglich sein. Sie haben ein konservatives Frauenbild. Ihre Tochter entspricht dem überhaupt nicht. Blocher: Ich habe kein konservatives Frauenbild - ich glaube, ein eher fortschrittliches. Ich frage nicht, ob Mann oder Frau. Ist Ihre Tochter wie Sie gegen eine Mutterschaftsversicherung? Blocher: Ich glaube schon. Sie dürfte kaum der Meinung sein, man dürfe jetzt eine weitere staatliche Versicherung einführen. Aber ich habe mit ihr nicht spezifisch über dieses Thema diskutiert. Sie leiten die Ems-Chemie seit über zwanzig Jahren. Werden Sie sich nicht weiterhin in Firmenbelange einmischen? Blocher: Nein. Natürlich bleibe ich dem Unternehmen gefühlsmässig verbunden, und wenn meine Tochter zu Besuch ist, werde ich sie fragen: Wie geht es dem Unternehmen? Aber die Verantwortung liegt nicht mehr bei mir. Ich werde dem Management nicht dreinreden. Mein Rückzug ist gut vorbereitet und erfolgt keineswegs schlagartig. Er wurde schon im Januar eingeleitet. Sie versprachen, nicht nur die Führung, sondern auch das Eigentum am Unternehmen abzugeben. Ihre Kinder müssten dann rund zwölf Millionen Franken Vermögenssteuern pro Jahr bezahlen. Blocher: Das ist ein Problem, für das wir derzeit nach Lösungen suchen. Bei einem Erbvorbezug müssten meine Kinder das Unternehmen aushöhlen, um die Vermögenssteuern zu zahlen. Aber so oder so: Ich werde das Eigentum abgeben. Die Kinder könnten nach London auswandern, dort gibt es keine Vermögenssteuer. Blocher: Jeder Anwalt, den man nach einer Lösung fragt, schlägt vor, dass meine Kinder in ein Land ziehen sollten, in dem es keine Vermögenssteuer gibt. Ziehen Sie diese Möglichkeit in Betracht? Blocher: Nein, und meine Kinder möchten gern in der Schweiz bleiben. Schliessen Sie aus, dass die Kinder ins Ausland ziehen? Blocher: Das kann ich nicht ausschliessen. Meine Kinder sind selbstständig und entscheiden selbst. Kann es sein, dass Sie noch mehrere Jahre Eigentümer der Ems bleiben? Blocher: Nein. In den nächsten Monaten werde ich eine Lösung treffen und das Eigentum abgeben. Welche Werte und Prinzipien, die Ihnen als Unternehmer wichtig sind, wollen Sie in den Bundesrat einbringen? Blocher: Ich kenne die Sorgen der Wirtschaft, des Werkplatzes Schweiz. In den letzten Jahren entwickelte sich die Regulierung in einem unglaublichen Mass. Ich denke an das gesamte Statistikwesen, das die Unternehmen belastet. Oder an die Abrechnung der Mehrwertsteuer. Oder an das Bauwesen, wo die Vorschriften immer komplizierter werden. Ich werde mich einsetzen für eine starke Entbürokratisierung, damit die Unternehmen wieder investieren und Arbeitsplätze schaffen. Weniger Bürokratie heisst automatisch auch weniger Beamte. Blocher: Baut man die Bürokratie ab, braucht es natürlich weniger Beamte. Wie viele Stellen wegfallen, kann ich nicht sagen. Das steht auch nicht im Zentrum. Das Ziel heisst weniger Belastungen für Unternehmen und Bürger. Wenn Sie die Steuern senken, werden die Defizite noch grösser. Blocher: Die Meinung, man beseitige Defizite durch Steuererhöhungen, ist falsch. Senkt man die Steuern, geben Firmen und Konsumenten mehr Geld aus und investieren. Wichtig ist auch, dass wir gute Unternehmen und Unternehmer in die Schweiz bringen. Das gibt Steuereinnahmen. Aber vorübergehend würden Sie ein höheres Defizit in Kauf nehmen? Blocher: Vorübergehend, ja. Wollen Sie die Schweiz wie ein Unternehmen führen? Blocher: Nein, die Schweiz ist kein Unternehmen. Aber die Führungsgrundsätze sind in einer Regierung dieselben wie überall, wo geführt wird: Wie analysiert man ein Problem sauber, wie kommt man zu Entscheidungen, was für gruppendynamische Prozesse spielen sich ab? Natürlich geht in der Politik alles viel langsamer und ist mühsamer, aber die Prinzipien sind dieselben.

14.12.2003

Die Frau daneben

Artikel in der "Sonntagszeitung" vom 14. Dezember 2003 Christine Daborn-Doering über ein Ehepaar, in dem beide die Hauptrolle spielen Noch nie stand eine Bundesratsgattin so sehr im Fokus des öffentlichen Interesses wie Silvia Blocher. Sie wird interviewt, fotografiert und gefilmt, wie wenn sie selbst für die Landesregierung kandidiert hätte. Das hat einen besonderen Grund. Silvia Blocher ist nicht einfach die so genannte starke Frau hinter dem starken Mann, sondern die Frau neben ihm, mit eigener Präsenz. Wenn sie miteinander auftreten, ist sie nicht seine Begleitung. Sie vertritt nicht bloss seine Ansichten, sie hat die gleichen. Deshalb setzt sie sich genauso wie er dafür ein. Zwar hat sie als Akademikerin der Familie zuliebe den Beruf aufgegeben, aber nicht ihre Arbeit. Das Klischee der Hausfrau passt nicht auf sie. Sie hat ihm - auch intellektuell viel - zu viel zu bieten, als nur im Hintergrund zu wirken, die Fäden zu ziehen und ihn insgeheim zu steuern, wie behauptet wird. Sie ist Parteimitglied und macht Politik. In dieser Ehe spielt jeder die Hauptrolle. Die beiden sind ein gutes Team. Das sieht man an den Blicken, die sie austauschen. Gemeinsam kämpfen verbindet. Gattin eines Bundesrates, aber auch eines Milliardärs Aber es gibt da noch etwas anderes, weshalb sich die Öffentlichkeit so sehr für Silvia Blocher interessiert. Sie ist ausser der Gattin eines Bundesrates auch noch die Gattin eines Milliardärs. Und wenn in der Schweiz jemand viel Geld hat, dann schaut man genau hin. Wie tritt eine Milliardärin auf? Was für Kleider trägt sie, was für eine Frisur, was für Schmuck? Werden die anderen neben ihr noch mithalten können? Geld ist nie der Grund, wenn jemand besser aussieht. Es ist eine Frage der inneren Haltung. Es gibt viele Reiche, die nach nichts aussehen, auch wenn sie sich noch so auftakeln - oder gerade deshalb. Sie verstehen es falsch. Wer viel ist, muss nichts zur Schau stellen. Wir können uns freuen. Silvia Blocher nimmt auch in dieser Hinsicht eine singuläre Position ein. Ihr Auftreten ist tadellos. Einfach, elegant, unauffällig, normal. Keine Mode, keine Eyecatcher, nichts Ausgefallenes. Sie hat Klasse. Und damit wird sie unser Land auch auf internationalem Parkett würdig repräsentieren. Unser Land, und nicht sich selbst, denn darum geht es. Sie muss ihr Äusseres nicht verändern, weil sie jetzt eine Bundesratsgattin ist, denn sie sah schon immer so aus. Sie muss sich nicht überlegen, was nun wohl richtig sei, sie hat es schon immer richtig gemacht. Sie kennt die Regeln, denn sie kommt aus gutem Haus, und das sieht man ihr an. Alle sagen, sie beeinflusse ihren Mann. Das meinen die Leute immer, sobald eine Frau eine starke Persönlichkeit ist. Aber es fällt auf, dass Christoph Blocher mit seiner Kandidatur auch seiner Statur mehr Magistrales verliehen hat. Seine Anzüge sind seither dunkler und die Krawatten dezenter. Vielleicht haben wir es tatsächlich dem Einfluss seiner Frau zu verdanken, dass er sich nie zu einem schwarzen Hemd oder einem Schnurrbart hinreissen liess - erst recht nicht als Bundesrat.